Congo – Médias: trois journaux prives interdits de parution pour quatre mois

Le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication 1(CSLC), organe de régulation des médias au Congo, réuni le 1er juin à Brazzaville, en session extraordinaire du Collège des membres, a interdit de parution pour une durée de quatre mois les journaux privés « Talassa », « L'Observateur » et « Le Trottoir », pour « publication des articles séditieux, propagation de fausses nouvelles, manipulation de l'opinion ».

Selon un compte-rendu publié à l'issue de cette réunion tenue sous la direction du président du CSLC, M. Philippe Mvouo, l'institution reproche également à ces trois journaux « l'incitation à la violence et à la division, la diffamation ou atteinte à l'honneur et à la considération de certaines hautes autorités de l'Etat » dans leurs livraisons respectives courant le mois de mai 2013.

Le document lu par la secrétaire-comptable et porte-parole du CSLC, Mme Bienvenue Gertrude Ngouassi Hobin Mongo, précise que ces décisions ont été prises conformément aux dispositions des articles 6 de la loi organique n°4-2003 du 18 janvier 2003, déterminant les missions, l'organisation, la composition et le fonctionnement du CSLC et 10 de la décision n°020/CSLC/B/P du 7 septembre 2010, fixant les sanctions de violations des normes légales, réglementaires, éthiques et déontologiques par un organe de presse.

Quant au journal privé « Le Glaive », il écope une suspension de deux mois pour « refus répété d'obtempérer et de répondre aux interpellations du Conseil », indique le compte-rendu de la réunion.

Le bihebdomadaire « Talassa » a été interpellé pour son article intitulé « Après la lettre de Mr Lékoundzou ancien ministre et membre du bureau politique du Parti congolais du travail (PCT), des révélations de sang sur Dénis Sassou N'Guesso seraient faites par Norbert Dabira » paru dans son édition n°402 du 30 avril 2013 ; tandis que « L'Observateur » l'a été pour son article « Stratégies de conservation du pouvoir ; les documents qui prouvent que le régime actuel ne laissera jamais le pouvoir après 2016 » publié dans sa livraison n°515 du 3 mai 2013.

Le journal satirique « Le Trottoir » quant à lui, a été sanctionné pour son papier titré « Le Congo entre les mains des fous » paru dans le n°82 du 29 mai 2013, souligne le compte-rendu adopté par les 11 Hauts conseillers.

Le CSLC, institution constitutionnelle, est une autorité administrative, indépendante chargée de réguler la liberté de communication. Il a aussi pour missions de suivre les médias et assurer leur protection contre les menaces et les entraves dans l'exercice de leur fonction d'information libre et complète, de veiller à la non diffusion des informations qui ne concourent pas à la consolidation de la paix et de l'unité nationale. Le conseil veille également à la qualité du contenu et à la diversité des programmes audiovisuels, au développement de la production et de la création audiovisuelle nationale.

Le conseil qui existe depuis bientôt 10 ans, compte 11 membres. Au Congo, la presse est régie par les lois n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l'information et de la communication, n°15 du 31 décembre 2001 relative au pluralisme dans l'audiovisuel public, n°4-2003 du 18 janvier 2003 et la Charte des professionnels de l'information et de la communication adoptée en 1992 par les professionnels eux-mêmes pour mettre de l'ordre au sein de leur corporation.

Malgré toute cette panoplie des textes, plusieurs consommateurs des médias congolais boudent le contenu des articles et le manque d'imagination des promoteurs des journaux surtout privés qui ne traitent que des informations politiques souvent fondées sur des rumeurs au détriment des grands dossiers économique, culturel, socio-sanitaire, éducatif, etc.

Source: ACI

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